jeudi 6 septembre 2012

Où la culture fait son apparition

Le lendemain, nous prenons la route du sud. Nous franchissons pour la dernière fois la chaîne des Carpates, en empruntant une route étonnamment bonne longeant la rivière Olt. Cette rivière, qui a donné son nom à la région d'Olténie où nous nous rendons, serpente et se love entre les montagnes basses, ce qui donne des paysages pas vilains du tout :




Encore et toujours, ces petits monuments à la mémoire d'une victime d'un accident de la circulation sont là pour nous rappeler que nos véhicules sans aucune protection ne sont pas les bienvenus dans ce pays. Ce qui est d'autant plus étonnant que, sorti de son véhicule, le roumain fait preuve d'une amabilité qui devrait nous inspirer, nous français qui nous trainons une réputation de bougons maussades.





Après vérification : en 2011, 94 tués sur la route par million d'habitants, ce qui classe la Roumanie en 2nde position derrière la Pologne. Pourquoi ça ne m'étonne pas...


Bref, nous arrivons à destination, à savoir le paddock de Dani Pedrosa.
 


Ouate de phoque ! m'exclamé-je dans un anglais dramatique et mon for intérieur. 

Nous découvrons un charmant monastère : Dintr-un-Lemn. Ceux qui ont fait elfique première langue en auront déjà compris la signification : "d'un seul bois". En effet, le monastère abrite une petite église réputée avoir été fabriquée avec le bois d'un seul chêne par un ermite ayant eu une révélation divine !
L'endroit est vraiment charmeur, intime. Les quelques pékins parcourant ses allées calmes et fleuries ont la bonne idée de parler à voix basse, ce qui rajoute à l'ambiance méditative de ce lieu qui me donne envie de dire merde au monde pourri qui nous mènera tous à notre perte afin de me retirer et de mourir dans l'oubli et l'extase contemplative qui convient à toute personne désirant être béatifiée. Mais pour l'heure, je me contente de prendre quelques photos, tentant benoîtement de restituer cette atmosphère sacrée au travers de mon capteur électronique bas-de-gamme.












La fameuse petit église "d'un seul bois" ; endroit émouvant, saint des saint, on a l'impression d'accéder à la dernière maison du Sanctuaire où le Grand Pope manipule les Chevaliers d'Or. Une bonne sœur a eu la bonne idée de m'ouvrir la porte de l'église ; l'intérieur est sombre et recèle... oh et puis vous n'avez qu'à y aller, il paraît que ça doit rester secret et les photos sont interdites de toute façon

 

Quittant ce lieu à regret, nous enchaînons avec un second monastère non loin de là : Horezu. Classé au patrimoine de l'UNESCO (me semble-t-il), Horezu n'a rien à voir avec Dintr-un-Lemn. Tout y est plus grand, plus impressionnant mais aussi moins intimiste, du coup. Ma préférence va à Dintr-un-Lemn, lové au coeur de montagnes basses couvertes de chênes massifs. Mais bon, Horezu vaut bien un coup d'oeil et, accessoirement, d'appareil photo.













 
 

Après ces lieux saints, retour à une réalité  pétro-nucléaro-industrialo-rouillée.




Et enfin, nous arrivons à Drobeta Turnu Severin. Drobeta, son étrange château d'eau déguisé en vraie-fausse tour médiévale, son centre-ville modeste, son massif hôtel Continental où tout respire la déchéance post-communiste. Des dimensions pharaoniques du hall d'accueil à la plomberie d'un autre âge, en passant par le personnel aussi rare que dans un hôpital français ou encore l'homme d'accueil/vigile/à tout faire/mafioso du coin qui file un gentil coup de main pour les bagages en s'attendant à un bakchich que mes origines auvergnates rendent hypothétique, tout concourt à produire l'illusion parfaite d'un retour il y a 50 ans en pleine URSS.
Je ne garderai pas de cette ville un souvenir impérissable. Disons que son principal intérêt était de se situer sur notre route.



2 commentaires:

  1. J'ai beaucoup apprécié le passage par Dintr-un-Lemn.
    Un endroit serein, sans ostentation particulière.
    Une atmosphère assez étrange où tout appelait au recueillement et à la méditation.
    J'y ai assisté à une petite scène anodine mais vraiment touchante entre une sœur et une humble petite vieille, qui m'a réconcilié avec les gens qui consacrent leur vie à leur foi.

    RépondreSupprimer
  2. C'est lors de cette soirée que j'ai le plus été immergé dans l'image de carte postale que je me faisais du bloc de l'est.
    La centrale nucléaire d'un autre âge, à même la route, dont je n'ai toujours pas compris si elle était en exploitation ou non.
    L'hôtel et le personnel échappés d'un James Bond. J'ai regretté de ne pas trouver de bouquet de fleurs dans la chambre. Je n'ai pas pu le fouiller à la recherche d'un micro.
    Le gardien du phare/réservoir/musée tout heureux de nous faire visiter son domaine et de parler un peu français, alors que l'heure de fermeture a sonné. Comme un résistant accueillant deux occidentaux en cachette.
    J'ai vraiment eu l'impression d'être en URSS du temps de la guerre froide :)

    RépondreSupprimer

Jour suivant Jour précédent