Heureux qui comme Ulysse...
On ne peut pas tout faire passer au travers de mots, qu'il s'agisse d'un blog, d'un bouquin ou que sais-je encore. J'ai quand même envie d'essayer de livrer mes impressions sur ce périple.
Soyons honnête : la Roumanie n'est pas une destination "de rêve". Pas de plage de sable blanc, pas beaucoup de bâtiments ou de monuments qui méritent le voyage, les villes sont globalement moches (sauf exception : Sibiu par exemple, ou encore Brasov, que nous n'avons pas pu visiter), mais surtout : rien n'est vraiment adapté pour les touristes. Les panneaux font cruellement défaut rendant l'orientation compliquée ; les routes vont de passables à "piste forestière" en passant par "bitume ayant subi un bombardement" ; les gens conduisent vraiment dangereusement et, pour certains, agressivement ; comme il n'y a presque pas d'autoroutes, les camions envahissent le moindre axe secondaire, créant des files interminables de bouchons ; les villages sont innombrables et interminables.
Et pourtant, je garde (heureusement !) un bon souvenir de ce voyage.
Déjà parce que la Roumanie est tellement éloignée de la France dans à peu près tous les domaines que c'est un dépaysement énorme, un véritable choc. Jusqu'à la Hongrie, j'ai vraiment eu l'impression de ne pas être parti si loin que ça ; mais après avoir franchi la frontière roumaine, c'était un tout autre monde ! Je pourrais le résumer ainsi : un constraste hallucinant entre une campagne "à l'ancienne" et des villes anarchiques. Ce n'est qu'un résumé, mais c'est l'impression qui me reste.
En second lieu, j'ai adoré discuter avec les gens et notamment le fils des voisins de notre appartement. Un mec très sympa, étudiant, avec qui nous avons devisé dans un anglais approximatif autour de quelques binouzes dans le troquet du coin. Soit dit en passant, j'ai constaté que mon niveau d'anglais s'améliorait à mesure que mon taux d'alcoolémie augmentait. Etrange... Quoi qu'il en soit, discuter avec Florin fut un plaisir ; il nous a dressé un état des lieux peu reluisant de son pays, évoquant la "fuite des cerveaux" qu'il connait actuellement, les jeunes les plus diplômés se retrouvant dans une impasse à l'issue de leurs études. De tout ce qu'il nous a raconté transpirait une rancoeur profonde envers l'ancien régime communiste et le dictateur Ceausescu, qui ont ruiné le pays et l'ont durablement marqué, que ce soit dans les relents dont certaines administrations font preuve aujourd'hui encore, dans les paysages péri-urbains aux allures de décor pour film apocalyptique, dans l'agriculture ultra morcelée qui est l'une des causes de la pauvreté massive des zones rurales ou dans les méfaits des diverses mafias locales dont les membres étalent leur fortune de la façon la plus indécente, au milieu des villages pauvres.
Ce qui m'a marqué, également, c'est la gentillesse des gens. Je ne vais pas verser dans l'angélisme et dire que tous les roumains sont gentils ; mais globalement, ils font preuve d'une hospitalité et d'une ouverture d'esprit assez déconcertantes pour qui est habitué à la mentalité française. Est-ce lié à la pauvreté globale qui fait qu'ils sont moins méfiants parce qu'ils ne possèdent pas grand chose ? Est-ce lié à quelque cause historique qui fait qu'ils sont ainsi ? Je n'en sais rien, mais une chose est sûre : c'est très agréable !
Niveau moto, parce qu'il faut bien en parler vu que nous avons passé le plus clair de nos journées le cul sur une selle : j'ai adoré l'impression de m'enfoncer toujours plus loin à l'est ! 2300 km entre Paris et Bucarest, ça paraît peu et ça suffit pourtant à donner l' impression d'explorer un autre monde. C'est le principal avantage de ne pas partir en avion : on sent vraiment l'éloignement !
Nous n'avons connu aucune galère particulière, ni sur le plan météo (14 jours de grand beau temps et un seul orage !), ni sur le plan mécanique.
Par ailleurs, les routes de Roumanie ne se prêtent nullement à une conduite sportive, vu leur état global et vu l'omniprésence des policiers. Ca tombe bien, je n'y allais pas pour ça. Et puis il y a tellement de routes incitant à la plus pure violence routière en Autriche et en Hongrie, puis en Italie et en France au retour, que nous avons eu notre compte de sensations ! Certains locaux doivent encore se demander qui étaient ces tarés qui envoyaient du pâté avec des motos équipées de toute leur bagagerie.
Forza Bounty !
Les aventuriers du Bounty II - La vengeance
RépondreSupprimerLa vengeance aura lieu en Ecosse et au Maroc, mes 2 prochaines destinations !
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