vendredi 31 août 2012

Où l'on arrive, après quelques péripéties, au bout de la route de l'est

Quelques péripéties d'orientation, principalement. Le GPS ? Il ne connait que les routes principales. C'est à dire que pour lui, une ville immense se résume à une intersection entre 2 routes. Les panneux indicateurs ? Impossibles à suivre, tant ils brillent par leur absence ou leur incohérence. C'est donc un peu au pifomètre que nous suivons la route de Deva, Sibiu et Brasov. 


Ensuite, direction le sud-est et une traversée des Carpates que je ne suis pas près d'oublier.
Sur la route principale (qui serait classée en France sur la liste des mauvaises départementales à refaire de toute urgence), un ralentissement, puis quelques voitures arrêtées, puis un bouchon. C'est sans doute quelque camion en panne, un accident, une charrette (il y en a plein, de ces charrettes en bois équipées de pneus de voiture et tirées par des chevaux, qui transportent des gens, des meules de foin énormes, des légumes).




On remonte une file de voiture qui ferait passer les bouchons du périph pour un  gentil  rassemblement de MX-5. On remonte, on remonte, parfois périlleusement car cette route est sinueuse et les dépassements en aveugle ce n'est pas trop mon truc. Mais là, pas le choix. Ca n'avance pas d'un iota, les gens sortent des voitures, ne comprennent pas, et on remonte encore et toujours... sur près de 20 ou 30 km. Nous arrivons enfin à l'origine de cet innommable bordel que les gens mettront probablement 5 ou 6 heures à franchir : une zone de travaux d'environ 20 mètres de long, qui a réduit la route à une voie. 20 mètres de travaux, 20 km de bouchons. Et strictement aucune indication pour que les gens n'empruntent pas la route. Logique.


Le temps de longer Sinaia, de redescendre des Carpates et nous voici arrivés dans la plaine du nord de Bucarest. Après quelques kilomètres de traversée du village de Ploiesti(infiniment long, comme les 354 villages précédents...), nous voici enfin à Plopeni ! Entre le gros village et la petite ville, disons qu'il s'agit d'un bourg. A l'architecture tout aussi délabrée que les 354 villages susmentionnés. Lorsque j'arrive dans la rue où se trouve l'appartement qui nous a été prêté, j'ai presque la larme à l'oeil... de peur d'avoir mené mon bon ami Jorge dans quelque traquenard au milieu d'une cité difficile. Ces immeubles bas et délabrés auraient tout à fait leur place dans le Bronx (tel que je l'imagine) et le parisien que je suis classe aussitôt ce quartier dans la catégorie "cité sensible" (telles que je les connais) ; grave erreur, aveuglement culturel, dont je me rendrai compte ultérieurement !


Vue depuis l'appartement

Les bâtiments sont en effet délabrés, mais la comparaison avec nos cités pourries s'arrête là. Il se dégage comme une ambiance villageoise : notre arrivée ne passe pas inaperçue, mais aucune animosité, aucune méfiance particulière à notre égard. De l'indifférence pour la plupart, un intérêt courtois pour certains, voire un excellent accueil pour d'autres ! Merci encore à la voisine pour nous avoir offert un "plateau repas" constitué de poulet rôti et d'excellentes frites faites maison, alors que nous venions juste d'arriver et que nous n'avions pas trop réfléchi à la question de la bouffe.

Enfin, il est temps de poser nos bagages ! Étrangement, je me sens un peu "chez moi" et après 4 jours épuisants, ça fait rudement du bien.

1 commentaire:

  1. Un vrai soulagement d'être arrivés !
    "La moto, c'est comme le vélo, sauf qu'il n'y a pas nécessité de pédaler" qu'ils disaient.... Ba ça fait quand même mal au c..

    Cette petite ville perdue dans un coin de forêt aux pieds de Carpates me rassure sur la suite de notre voyage.
    Associée à l'accueil de nos voisins, vraiment bluffant de gentillesse et de spontanéité, je retrouve quelques marques.

    Note culturelle: La ville est d'autant plus isolée qu'elle fut initialement cachée, puisque créée de toute pièce pour accueillir les travailleurs d'une usine d'armement.

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